Les accommodements raisonnables font la une de tous les médias. La population du Québec est choquée non plus seulement par les accommodements consentis, mais par les demandes d'accommodements formulés par les groupes religieux nouvellement établis sur le territoire québécois. Spécialistes, leaders d'opinion, lobbystes, politiciens, chacun y va d'avis qui deviennent la raison logique, la vérité. Et à travers tout ce brou ah ah, l'opinion de la population est rapidement qualifiée de ridicule.
Les accommodements raisonnables font la une de tous les médias. Après moult discussions sur les aspects anecdotiques de différents accommodements, le discours s'est tout à coup porté sur le sujet plus général des accomodements, de la tolérance, de l'immigration et du racisme. La population du Québec manifesterait qu'elle est heurté non seulement par les accommodements consentis, qui créent de désagréables précédents, mais par les demandes d'accommodements par des populations nouvellement établies sur le territoire québécois se multiplient, encouragées par la présence de ces précédents. Spécialistes, leaders d'opinion, lobbyistes, politiciens, chacun y va d'avis qui deviennent la raison logique, la vérité. Et à travers tout ce brouhaha, l'opinion de la population est trop souvent ridiculisée, tour à tour par chacun de ces experts, davantages à la recherche de pouvoir personnel ou corporatif qu'à l'écoute. Ce manque d'écoute est apparu particulièrement évident lorsqu'une petite municipalité (Hérouxville) en vint à écrire et reconnaître l'existence d'un document appelés Normes de vie.
Par exemple, commentant le document : Les normes de vie adoptées par la municipalité d'Hérouxville, cyberpresse recourrait à la vice-doyenne de la faculté d'éducation permanente de l'Université de Montréal et ancienne consultante en conflits culturels, Rachida Azdouz qui n'avait rien de mieux qu'un jugement superficiel à formuler: «On vante souvent le multiculturalisme québécois, mais ce phénomène n'existe qu'à Montréal. En région, le degré d'ignorance envers les immigrants est beaucoup plus grand, car il n'y en a pas!» explique-t-elle. Comme si on ne pouvait pas avoir une vision du monde à exprimer, à moins d'être dans une tour d'ivoire.
Et la pensée juridique d'attaquer le document des normes de vie écrites à Hérouxville en soulignant son côté inconstitutionnel et contraire à la charte. Hé! ho! Ce n'est pas une loi! C'est un énoncé. Comme si l'on pouvait soumettre à la censure celui qui énonce de faits incontestables du genre : "Il est interdit de lapider les femmes dans les rues d'Hérouxville".
Et les grands médias de taxer de ridicule, de grotesque, de débile, la démarche de la municipalité d'Hérouville. Pourtant, quand je réfléchis par moi-même, je me dis que lapider une femme, ça ne devrait jamais être permis nulle part, et les pays démocratiques où ce n'est pas permis devraient entretenir une lutte de tous les instants et sans merci contre ces pays, ces peuples ou ces individus qui permettent ou n'interdisent pas des pratiques telles que l'excision ou la lapidation. S'il y avait un axe de mal à identifier, il faudrait bien que ce soit celui-là avant tout autre.
La démarche d'Hérouxville a au moins ceci de bien: elle énonce un certain nombre d'états de fait, résultats d'une histoire propre au Québec, résultats d'un précieux processus consensuel. Face à l'immigration, le peuple semble être prêt à offrir un accueil chaleureux à qui veut adhérer à ce processus consensuel. Du reste, il n'y a probablement pas bien d'autres moyens de partager de tels résultats précieux qu'en adhérant à l'histoire et au mode de vie de ceux qui l'ont mis au monde.