5 septembre 2010
 
Politique et société: actualités québécoises
Auteur: Patrick Gauthier Date: 2006-09-14
Commentaires sur les actualités.

Fini les fautes de français au Cégep
Par Patrick Gauthier le 2007-06-05

Depuis toujours, écrire sans faute a été l’apanage d’une minorité. Il est totalement faux de prétendre que les collégiens devraient savoir écrire à 19 ans. Rimbaud, Musset étaient des génies à 20 ans parce qu’ils savaient écrire. Il n'en aurait rien été si ça avait été donné à tout le monde.

 

Même s’il est vrai qu’un texte achevé présente généralement peu d’erreurs, il n’y a que ceux qui ne savent pas écrire pour réduire le travail de l’écriture à ses aspects grammaticaux. Cette approche comptable de la langue par notre société passe assez loin de l’enjeu véritable d’autant plus que la multiplication des règles (donc des possibilités de fautes mais aussi des possibilités d’accords) vise à augmenter le nombre d’indices du message véritable.

 

Par exemple, si le verbe devoir n’avait qu’une seule terminaison, toujours ait et que nous ne disposions que d’un seul mot pour exprimer le, la, les (par exemple the), les conséquences d’écrire « the collégiens devrait » quand on souhaite exprimer « the collégien devrait » seraient plus grandes qu’elles ne le sont maintenant lorsqu’on écrit « le collégiens devraient » pour dire « les collégiens devraient ». La grammaire est un adjuvant, un outil de travail pour le rédacteur comme pour le lecteur et non pas un phénomène comptable à l’usage d’un système punitif. Il ne faut pas faire de cet avantage linguistique du français un désavantage pour ses locuteurs.

 

Depuis fort longtemps, le Québec doit se remettre en question sur ce point. L’attitude actuelle de notre société face à la langue et à l’enseignement de l’écriture relève d'une même organisation de pensés sans doute aussi bien aux lourdeurs administratives paralysantes dans les soins de santé qu'au décrochage scolaire.

 

Dommage que la ministre libérale Courchêne ait déjà annoncé, dans un grand geste populiste, son intention de balancer le rapport aux poubelles. Merci aux fonctionnaires d’avoir eu le courage d’exprimer une idée aussi controversée que nécessaire.


Le chef ou le parti?
Par Patrick Gauthier le 2007-03-30

Tandis que les sympathisants et les membres du parti québécois sont en état de choque, les ténors, un ténor plutôt, et quelques pions appellent à l’insurrection. Boisclair doit-t-il quitter?

Sans doute le chef n’est pas parfait. Mais le parti apparaît bien davantage désert d’identité et de projet de société. Comme si, le PQ avait véhiculé les plus importants progrès sociaux des 30 dernières années même si l’aspiration essentielle, le projet formellement identitaire demeurait tout ce temps frustré. Peut-être qu’à la longue, le parti a empêché l’émergence d’idées nouvelles, de courants alternatifs, porteurs de projets de société communautaires, féministes, démocratiques ou environnementaux. Et changer de chef maintenant ne serait pour ce parti qu’un moyen d’éviter une réflexion importante sur la place du souverainisme et mouvements d’avant-garde.

Patrick Gauthier
Journaliste blogueur
Espace Canoë - Québec 2007


Débat des chefs
Par Patrick Gauthier le 2007-03-13
Feuille de pointage
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Débat des chefs, ce qui les fera gagner
Par Patrick Gauthier le 2007-03-12
Difficile en ce jour de passer sous silence le débat des chefs. Tout le Québec a les yeux rivés sur cet affrontement qui pourrait bien paver la route du pouvoir au vainqueur.

Boisclair :

Supposément un homme sans contenu, trop fragile pour être chef. Pourtant, les analystes s’entendent : il a mené une campagne pratiquement sans tache. Accueillant et humble plutôt que distant, ferme dans la défense de ses candidats et de ses idées, il maîtrise les contenus reliés à son plan de campagne. Plus que le réalisme de ses engagements ou l’honnêteté personnelle, le caractère très humain de plusieurs des candidats qui le supportent peut transformer la perception que les gens ont de lui. Il doit également convaincre qu’il a mieux à offrir que l’ADQ. L’aide aux familles pour l’achat d’une première maison, le maintient de la gratuité en santé lui permettront de marquer des points à ce chapitre. Il proposera sans doute la démarche souverainiste comme la meilleure réponse au fédéralisme de chantage prôné par le gouvernement sortant.

Charest :

Les deux premières semaines de campagne ont montré un Charest sans contenu ni bilan valable, ni sur l'économie ni sur la santé, qui n’avait que le salissage, le mensonge et les épouvantails de la partition, ou des transferts fédéraux, pour arracher la victoire. Il y a tout lieu de croire qu'il continuera pleine vapeur dans cette voie. Bénéficiant de l’appui d’un noyau dur de fédéralistes souvent anglophones, il n’a qu’à convaincre 30% des francophones des risques d’un référendum pour être reporté au pouvoir. Il faut donc prévoir qu’il brandira haut et fort l’éventualité d’un référendum d’un côté, la piètre qualité des candidats adéquistes de l’autre.

Dumont :

Il présente des solutions simples, faciles à comprendre et à retenir. Le réalisme de plusieurs d’entre elles n’est pas démontré, mais ça ne devrait pas lui nuire beaucoup puisque les idées valent souvent qu'on s'y arrête. Déjà la véritable alternative non-souverainiste en région, il n’a plus qu’à convaincre les anglophones et les fédéralistes urbains en les invitants à élire un gouvernement autonomiste fort plutôt que de diviser le Québec en votant pour un Jean Charest sur le déclin, partisan de la partition et dont le bilan cache encore une dette de plus de 5 milliards $.

Patrick Gauthier
Journaliste blogueur
Espace Canoë - Québec 2007

Une première au Québec
Ce soir, participez au débat des chefs en le commentant sur:  http://www.espacecanoe.ca/debatdeschefs


 

 

 

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